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Rapport de l’Atelier de planification du projet spécial sur l’Enseignement Supérieur au Sénégal (Dakar, 18 mai 2015)

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Rapport de l’Atelier de planification du projet spécial sur l’Enseignement Supérieur au Sénégal
Dakar, 18 mai 2015

Introduction

Le programme d’appui à l’enseignement supérieur (HESP) est l’une des dernières initiatives du CODESRIA dans le cadre des programmes collaboratifs. Cette initiative sur « Le développement du curriculum et de l’enseignement innovant de sciences sociales et humaines au Sénégal », conjointement lancé par le CODESRIA et Open society Fondation (OSF), vise à mettre en évidence comment l’enseignement supérieur contribue à la construction du système de gouvernance démocratique, à travers des programmes et méthodes d’enseignement novateurs. Il s’agit, entre autres, d’explorer des pistes permettant de soutenir les innovations dans l’enseignement supérieur sénégalais. Ce projet encourage les programmes innovants et les efforts qui ont pour but la révision des curricula dans les universités sénégalaises. La première rencontre de planification qui vient de s’achever a réuni une trentaine de participants, dont essentiellement les membres du Conseil consultatif et des personnes-ressources identifiées dans le cadre du projet. Ce sont essentiellement, les recteurs, des doyens de faculté, directeurs d’UFR, responsables de structures de recherche, etc.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Dr Ebrima Sall, Secrétaire exécutif du CODESRIA en compagnie de l’Administrateur du programme Afrique d’appui à l’enseignement supérieur de l’Open Society Foundation, Dr Firmin Mbala. Ils ont à tour de rôle rappelé les résultats des crises cycliques dans les universités et la capacité d’adaptation de ces dernières face aux défis stratégiques et parfois insurmontables. La maitrise de ces défis qui s’imposent aux universités exige de meilleurs engagements des institutions et des initiatives nouvelles qui passent forcément par la mise en place d’universités de recherche. Pour Dr Ebrima Sall, ce nouveau projet est une réponse aux défis qui engagent des dialogues avec les acteurs des universités. Ce n’est pas un hasard si le Sénégal a été choisi comme pays francophone pilote pour la mise en œuvre de ce projet qui s’étendra par la suite à d’autres pays. Comme défini dans le document de projet, un état des lieux sur la problématique vient d’être effectué et le rapport devant servir de document de base propose un examen approfondi des programmes d’études et de l’enseignement des disciplines de sciences sociales et humaines dans les universités sénégalaises. Lors de cette cérémonie d’ouverture, M. Abdon Sofonnou, Gestionnaire de programme à la Recherche est revenu sur les objectifs de la rencontre essentiellement dédiés aux collaborateurs directs. Il s’agit de partager le rapport de la revue critique effectuée, de permettre une meilleure appropriation du projet et surtout de recevoir les contributions des participants considérés comme les premiers acteurs des universités et institutions d’enseignement de recherche. La discussion sur les résultats de cette revue critique aidera à mieux définir les orientations et permettra également d’identifier des domaines thématiques spécifiques sur lesquels les efforts seront concentrés pour la suite du projet.

1. Présentation du projet d’appui à l’enseignement supérieur au Sénégal

Présidée par Prof Ramatoulaye Diagne Mbengue, Conseillère du MESR, cette première session de travail a permis de mieux informer les participants de l’initiative afin de susciter leur adhésion. Prof Aminata Diaw Cissé, Administrateur du programme des Formations, Bourses et Subventions du CODESRIA, a entretenu les participants sur les objectifs du projet. Cette initiative sera développée en plusieurs phases renouvelables. La phase initiale qui s’étendra sur 2 années mettra l’accent sur des objectifs intermédiaires, à savoir: - renforcer les capacités des professeurs d’universités qui ont des compétences d’innovation en termes de contenu et d’approches pédagogiques; - créer un nouveau réseau de chercheurs sur ces questions et faciliter les liens avec des experts en provenance d’autres pays; - promouvoir la coopération dans la recherche et la publication d’articles sur les curricula et la préparation de matériel pédagogique. Elle a rappelé l’importance de ce projet sur l’enseignement supérieur dans l’agenda du CODESRIA. Cette initiative vient en complément des différents programmes sur l’enseignement tels que : les programmes de formation, le programme sur la gouvernance et le leadership dans l’enseignement supérieur mais aussi le programme de publication des revues spécialisées dans ce domaine.

Le contexte présenté rappelle que l’université reste un lieu de combat et les universitaires sont des acteurs de changement. Mais paradoxalement, les universités, elles-mêmes, gardent une nature conservatrice malgré l’évolution des contextes sociopolitiques et les contraintes qui s’imposent à elles. Il urge de se conformer aux exigences de la globalisation. La faible capacité de recherche dans les Etats africains et la plus grande dépendance des multinationales posent des problèmes pour créer les conditions d’un véritable développement. Il faut une profonde réforme pour répondre aux crises structurelles dans lesquelles végète la plupart des universités en Afrique. Les réformes doivent également porter sur les méthodes et le contenu des enseignements, les recherches menées et la prise en compte des défis du continent. Ce projet est une tentative de réponses à ces défis ou d’incitation aux dialogues entre différents acteurs. Le rôle des institutions de recherche comme le CODESRIA dans de telles réformes est déterminant pour entretenir les discussions et aboutir à de meilleurs résultats.

2. Présentation du rapport de la revue critique sur les SHS au Sénégal

Malgré l’immensité des défis que révèle cette étude, c’est avec une note optimiste que Prof Mame Penda Ba a commencé la présentation du rapport sur la revue, ceci en faisant deux observations importantes. D’abord, elle a mentionné le rôle central des sciences sociales dans tout le dispositif académique. Ensuite, elle a estimé que l’espoir était permis vu l’engagement des acteurs interrogés Présidé par Prof Boubacar Camara de l’Université Gaston Berger de Saint Louis, l’exposé a été présenté en trois grandes parties : - contexte et méthodologie de l’étude ; - état des lieux des sciences sociales et humaines et de la recherche au Sénégal ; - les recommandations suggérées.

Contexte et méthodologie de la recherche

A l’instar de la plupart des universités africaines, les universités sénégalaises évoluent dans une crise cyclique dont l’étendue, la profondeur et les causes sont diversement appréciées par les acteurs. Les universités publiques au Sénégal sont enlisées dans une crise endémique et multiforme qui se traduit par une massification incontrôlée des effectifs d’étudiants, une stagnation de budgets insuffisants, une faiblesse des ressources pédagogiques, une vétusté des infrastructures. La présentation de cette partie de l’exposé par Dr Jean Alain Goudiaby met l’accent sur trois défis essentiels que sont : la problématique du retour de l’Etat, perçu comme une incitation extérieure ; la problématique liée à la démographie compte tenu de la structure de la population du Sénégal, ce qui justifie le problème de la massification ; le troisième défi est économique, car l’Afrique est, en effet, en train de basculer vers une économie du savoir et de l’innovation. C’est dans un tel contexte qu’évolue l’ensemble des universités publiques du Sénégal. Pour aborder ces questions, l’étude a donc essayé de faire : - une évaluation critique des SSH et des questions de la recherche ; - un examen des méthodes novatrices et des thématiques de recherche.

La méthodologie repose sur la combinaison de données qualitatives et quantitatives. 15 entretiens semi-directifs avec des personnes-ressources de différentes disciplines ont été réalisés en vue de restituer la diversité des SSH. Ces personnes ont été choisies pour leur expertise, leur connaissance du système d’enseignement supérieur et leurs parcours. Soixante enseignants-chercheurs provenant des cinq universités ont répondu aux questionnaires, fournissant ainsi des informations précieuses qui s’ajoutent aux interviews et aux données recueillies auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et des différents services des universités. Ces données recueillies ont permis d’analyser certains paramètres de l’enseignement et de la recherche en sciences humaines et sociales au Sénégal et de procéder à quelques recommandations et pistes pour revitaliser le secteur.

Etat des lieux des sciences humaines et sociales

Au Sénégal, l’université est le lieu par excellence de l’enseignement des SHS. Toute la formation se fait en son sein, qu’elle soit publique ou privée. Il faut noter que l’essentiel de cette formation est concentré à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le secteur des Sciences Humaines et Sociales (SHS) est notoirement affecté par les différentes tribulations des universités sénégalaises. Ces changements sont inhérents au contexte global des universités – changements qu’il faut largement interpréter à l’aune des transformations de la société où ils se produisent (Goudiaby 2014) – et aux modifications liées aux évolutions disciplinaires. L’auteur a présenté la situation en deux points : d’abord la manière dont le système d’E&R en SHS est organisé et tel qu’il fonctionne ; ensuite procéder à l’identification et à l’analyse des quelques caractéristiques qui semblent plus essentielles.

Le rapport révèle une batterie de critiques suivant de nombreuses observations. Mais d’une manière générale, sans être exhaustif, les caractéristiques récurrentes identifiées sont les suivantes : -un personnel enseignant en nombre insuffisant, -une disparité de ratio entre facultés, -une promotion différenciée assurée par le CAMES, -une faible intégration des TICE dans les cours, - un modèle d’enseignement magistral, - un faible mécanisme de contrôle et d’évaluation des enseignants, - un besoin de pédagogie, - une absence de syllabus, - une faible employabilité des étudiants, - une production scientifique globalement faible, - une baisse de productivité des professeurs agrégés, - une faible organisation de recherche, - une insuffisance du financement de la recherche, - une faible incitation à la recherche, - une individualisation de la recherche, - une faible collaboration entre les chercheurs, - la faiblesse du canevas de dissémination des résultats de recherche, - un risque d’enfermement géographique, linguistique ou thématique, - un risque d’abandon des SHS face au regain des Sciences, Technologies, Engineering and Mathematics (STEM). En définitive, l’enseignement des SHS reste une reproduction des modèles hérités de la colonisation et développe une tendance à la répétition.

On note cependant des initiatives pour retrouver les bonnes pratiques d’antan, telle que l’organisation de débats scientifiques, la parution des revues spécialisées au niveau des facultés et bien d’autres. La contribution de Prof Mbissane Ngom, Directeur de l’UFR Sciences Juridiques et Politiques de l’UGB sur les nouvelles initiatives a été très appréciée. L’auteur a posé quelques questions par rapport à l’introduction des innovations dans l’enseignement des sciences juridiques : pourquoi une évolution de l’enseignement du droit ? Comment procéder ? Il constate que les sciences juridiques sont extrêmement conservatrices. Mais nous vivons dans un contexte où il y a une nécessité de renforcement d’une démocratie locale et de mise place d’une fonction publique locale : les sciences juridiques pourraient contribuer à donner à la société des outils d’encadrement normatifs de telles innovations. On pourrait ainsi procéder par un système d’enseignement clinique du droit en tenant compte des nouveaux problèmes qui apparaissent dans nos sociétés et qui ne sont pas pris en compte dans les curricula, mais aussi en mettant en place des cadres communs de concertation et des laboratoires pluridisciplinaires.

Une série de suggestions de thématiques suivant l’analyse des données a été présentée. Elles vont des savoirs endogènes, de l’épistémologie de la science, de l’histoire économique et culturelle, à la pensée des villes en passant par la démocratie et la liberté en Afrique, le radicalisme religieux, les défis démographiques, les questions de disparité, de rébellion, de confrérie, et bien d’autres. Le rapport sur la revue présente de façon exhaustive les recommandations thématiques.

Recommandations

Des recommandations ont été ainsi présentées par les auteurs, en tenant compte de l’évidence, de la réalité sur le terrain et des résultats obtenus. Elles se résument en trois points : - innover ; dupliquer les bonnes pratiques ; - retrouver une situation initiale vertueuse. Un certain nombre de suggestions ont été faites : créer une maison d’édition universitaire pour booster la publication des thèses ; développer un cadre de dialogue entre enseignants-chercheurs et décideurs ; mettre en place une télévision universitaire ou des radios online comme plateforme où les spécialistes s’exprimeraient sur les problèmes sociétaux On note ainsi une série de recommandations adressées respectivement au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), à l’endroit des universités et enfin à l’endroit des enseignants-chercheurs.

En résumé, il faut un meilleur engagement des uns et des autres. Cela exige une vision bien définie pour les SHS. Une lettre de vision politique est nécessaire pour donner les orientations. La promotion des STEM ne doit pas se faire au détriment des SHS. Un mécanisme d’autoévaluation et de contrôle des enseignements et des recherches est important et est vraiment nécessaire. Le manque d’un système de contrôle est la cause de nombreuses faiblesses. Il faudra multiplier des opportunités de recherche et de leur financement. Des suggestions à la duplication des bonnes pratiques dans le système universitaire ont été faites. Des exemples connus ailleurs concernant l’animation scientifique pourraient être reproduits : les « faculty lunch », des « histoires de vie » de professionnels qui ont fait leurs humanités dans les sciences sociales et humaines. Tout ceci pourrait ainsi contribuer à retrouver dans les universités les vocations de convergence et d’excellence. On pourrait aussi reprendre des success stories en organisant l’université de telle sorte qu’elle puisse se positionner dans la documentation des savoirs endogènes ou autochtones en aidant ainsi les non universitaires à écrire ces savoirs. La mise en place des laboratoires d’écriture dans les universités pourrait être une réponse aux limites des jeunes chercheurs dans ce domaine. Il est enfin important de renforcer la question du mentoring des enseignants.

3. Premières réactions et discussions du rapport

Il faut rappeler que les résultats de la revue ont reçu des échos très favorables. Pour l’ensemble des participants, le rapport est de très bonne qualité. Il est très bien écrit et expose parfaitement les problèmes et les défis auxquels l’enseignement supérieur et les SHS, en particulier, font face au Sénégal. L’engagement des deux collègues, leur complémentarité et la maitrise du sujet ont été très appréciés, même s’ils ont eux-mêmes souligné les difficultés de collecte qui obligent à relativiser la signification de certains résultats obtenus. La rigueur de la démarche méthodologique, l’analyse des données, le regard porté sur les résultats et les recommandations proposées sont dans l’ensemble très satisfaisants. Ces mérites n’ont cependant pas empêché les participants à soulever un certain nombre de préoccupations aussi bien d’ordre méthodologique que sur le contenu. Les points suivants résument les réactions et les discussions de l’atelier :

a. Le premier point de discussion est d’ordre méthodologique. Une première réaction à la présentation pose la question de savoir quel type de méthodologie a été utilisé ou privilégié. Est-ce l’approche quantitative ou l’approche qualitative ? Il semblerait que c’est la méthode qualitative utilisant des données quantitatives. Le mélange d’approches tel que présenté, semble poser quelques problèmes qu’il serait intéressant de clarifier davantage. Aussi, la méthodologie ne montre pas quel type d’étude a été mené et s’il s’agit d’une étude transversale.

b. La deuxième question sur laquelle les participants ont longuement discuté est également d’ordre méthodologique mais porte plus sur la méthode d’échantillonnage lors des enquêtes. Le nombre élevé de non-répondants a attiré l’attention des collègues qui ont fait cas des biais possibles sur les conclusions de l’étude. Il est important de préciser l’intervalle de confiance. D’aucuns pensent que l’effectif des 15 répondants est trop faible par rapport à la population de base. Ce qui doit amener à relativiser les conclusions des résultats obtenus. Et mieux encore, il faut discuter davantage les résultats obtenus en les comparant à d’autres contextes. Mais les deux auteurs ont reçu l’appui d’autres participants statisticiens et économistes sur cette question de méthode d’échantillonnage. Pour ces collègues, suivant la méthode d’échantillonnage par quota, l’échantillon utilisé parait bel et bien représentatif. Ceci a permis de lever tout équivoque.

c. Une autre préoccupation sur laquelle les participants sont revenus successivement, c’est le clivage de plus en plus remarquable entre les SHS et les STEM. La tendance privilégie les STEM au détriment des SHS, ce qui inquiète nombre d’acteurs universitaires du domaine des sciences sociales. Mais cette tendance à opposer les STEM et SSH n’ébranle pas tous les analystes. Quel STEM pour accompagner les SSH ou quel SSH pour accompagner les STEM ? L’idée est partie de l’inadéquation entre formation et emploi longtemps reprochée à nos universités. La professionnalisation n’est pas une négation de l’université et la promotion des STEM n’entrainera pas la mort des SSH a bien souligné Prof Ramatoulaye Diagne Mbengue, conseillère du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il existe des phénomènes sociaux et des défis tels que la lutte contre la corruption, le terrorisme que les sciences mathématiques ne peuvent pas résoudre.

d. La question du mécanisme de contrôle et d’auto-évaluation des enseignements a été très discutée. Comment évaluer les enseignants ? Quel est le contenu des cours dispensés ? Comment les cours sont dispensés ? Quels sont les supports utilisés dans le cadre de l’enseignement ? Tous les enseignants disposent-ils de la pédagogie nécessaire pour accomplir leur mission face aux mutations qui s’opèrent dans l’enseignement supérieur ? Voilà autant de questions qui n’ont pas toutes trouvé de réponse définitive. La situation reste très critique, au regard des opportunités de consultance, mais surtout du fait du manque de système de contrôle inadéquat ou presque inexistant dans les entités universitaires au Sénégal. La question de la résistance des enseignants à rendre accessible leur syllabus est présentée et analysée comme une peur d’être remis en cause par non seulement des collègues mais surtout par des étudiants. Il importe de donner la possibilité aux étudiants de discuter les syllabus des enseignants. Aussi, on note une absence de reddition des comptes dans le système, les enseignants doivent rendre compte aussi de leur voyage d’étude ;

e. Le système LMD n’est pas suffisamment traité dans ce document et mérite un approfondissement. Il n’y a pas eu de recommandation formelle sur le système LMD. Alors que ce système exige qu’en licence et en maitrise qu’il y ait l’obligation de savoir et de savoir-faire. Une évaluation du LMD est nécessaire pour voir en termes de pluridisciplinarité, de mobilité, qu’est-ce que le LMD a apporté depuis son application? Des expériences basées sur des initiatives propres qui combinent la méthode d’enseignement magistral, l’enseignement pratique, des études de cas et discussions ont été présentés. Mais la difficulté de modifier le contenu, le manque de logistique et de stage pour les étudiants de licence comme l’exige le système LMD restent une réalité. Une question simple a été posée par Prof Felwine Sarr de l’Université de Gaston Berger et qui mérite beaucoup de réflexion : quel type d’étudiants voulons-nous avoir ?

f. La question de la production scientifique, le manque de publication et la baisse de productivité des professeurs ont été également abordés. Il a été question de voir comment mettre en place un dispositif permettant aux docteurs de publier leur thèse. A titre d’exemple en Allemagne, un docteur qui ne publie pas sa thèse une année après sa soutenance perd son titre de docteur. Les résultats ont montré que très peu d’enseignants se livrent à l’exercice de la recherche, malgré les opportunités et les incitations à l’endroit des enseignants-chercheurs. La plupart de ceux qui produisent des articles le font pour bénéficier de la promotion que cela confère au niveau professionnel. Une fois l’objectif de promotion atteint, la productivité baisse jusqu’à s’annuler. Certains participants ont justifié ces manquements par le volume de travail pédagogique qui pèse sur les enseignants, du fait de la massification et des conditions difficiles dans certaines facultés. Il a été même suggéré que le CAMES doit dissocier l’enseignement et la recherche. Ce qui n’est pas de l’avis de certains participants car les enseignants sont recrutés en premier lieu sur la base de leur capacité à faire de la recherche. En d’autres termes, c’est la recherche qui nourrit un enseignement de qualité. On ne peut pas être enseignant si on ne s’adonne pas un minimum de recherche.

g. Des propositions de thèmes ont été faites en complément de ceux suggérés par les auteurs du rapport. On peut retenir : le niveau d’application des LMD, la place des contrats de performance (CDP) dans le système, la question de l’assurance qualité, la gouvernance de la recherche, le problème d’accès au fonds de recherche, la question de professionnalisation de l’université, la santé, le droit de mourir (euthanasie), repenser l’espace universitaire, l’environnement universitaire, les dynamiques transfrontalières, l’enseignement du droit humain, la prise en compte des vulnérables, la sécurisation des femmes dans l’espace public, le mariage, la parité, l’autorité parentale, la question de la nationalité …
En résumé, l’atelier de partage de ce projet et la réflexion sur le rapport de la revue critique ont été une bonne initiative. La discussion et les commentaires reçus des participants ont montré l’engouement et leur intérêt pour ce projet. Les auteurs du rapport ont globalement accepté les contributions qu’ils ont trouvées très édifiantes. Ils ont promis de réviser le rapport en fonction des recommandations de l’atelier, dans la mesure du possible. Une version finale devra être soumise avant la fin du mois de mai 2015. Sur suggestion du Secrétaire du CODESRIA exécutif, cette version révisée devra faire l’objet d’une évaluation rapide en vue de la publication.

Les prochaines étapes du projet ont été déclinées par M. Abdon Sofonnou du CODESRIA. De façon chronologique, elles se présentent comme suit :

  • 24 mai 2015 : Soumission de la version révisée du rapport sur la revue après l’atelier de planification
  • 31 mai 2015 : Finalisation de l’appel à candidature pour la formation des professeurs d’université à l’innovation
  • 15 Juillet : Sélection des candidatures
  • 15 Aout 2015 : première retraite de formation
  • 31 Octobre : Soumission des rapports et résultats de recherche (Articles, syllabus, manuel de cours…)
  • Novembre 2015 : Evaluation des rapports et résultats de recherche
  • Décembre 2015 : Publication électronique des résultats de recherche Prof Aminata Diaw Cissé du CODESRIA et Dr Firmin Mbala de l’OSF ont respectivement renouvelé les remerciements et les félicitations à l’endroit des participants collègues universitaires, représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) et les auteurs du rapport pour le travail accompli. Tous ont été ensuite invités à collaborer, à s’approprier le projet et accompagner le CODESRIA dans la mise en œuvre de cette première phase.

Kouassivi Abdon Sofonnou
Programme recherche
CODESRIA




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