Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Le mouvement panafricaniste au XXe siècle

Contribution à la Conférence des intellectuels d’Afrique et de la Diaspora (CIAD I) organisée par l’Union africaine en partenariat avec le Sénégal (Dakar, 7-9 octobre 2004)

Number of visits: 2547

PRÉFACE

À l’invitation de l’Union africaine plus d’un demi-millier d’intellectuels, hommes et
femmes de culture, d’Afrique et de sa diaspora, se sont donné rendez-vous à Dakar, au Sénégal, en octobre 2004, pour se pencher sur la situation de « l’Afrique en ce XXIe siècle » et réfléchir ensemble sur les défis majeurs de « l’intégration et de la renaissance ». C’était le moment opportun, comme le prévoyait la Conférence, de jeter un regard rétrospectif sur l’histoire de cette prise de conscience, depuis ses origines les plus lointaines jusqu’à nos jours. La Conférence nous convie à un tel devoir de mémoire, alors que, précisément, nous nous interrogeons sur la place de l’Afrique dans le monde. Car l’invention du futur n’est-elle pas avant tout la fille aînée de la mémoire et le fruit de l’héritage légué par le passé ? Au demeurant, dans la longue marche de la modernité du Continent, les deux thèmes inscrits à l’ordre du jour, celui de « l’intégration » et de « la renaissance », ne résument-ils pas à eux deux, tout à la fois, le sens de la solidarité du passé et le défi du futur, comme le rappelle le professeur Elikia M’Bokolo dans sa contribution introductive à ce recueil.

C’est dire que l’initiative de cette Conférence est venue à son heure. Quarante-six
ans après la Conférence des États indépendants d’Afrique, puis la Conférence des
Peuples d’Afrique organisées à Accra par le Président Kwame N’Krumah, et huit ans après la Conférence internationale des intellectuels et hommes de culture d’Afrique, cette nouvelle Conférence, à Dakar, a eu le grand mérite, à nos yeux, non seulement de permettre au vieux continent de poursuivre sa longue tradition de concertation, et de débat, mais également de rendre possible une certaine forme d’actualisation de ces intuitions profondes et leur appropriation par les générations montantes.

Voilà pourquoi, en tant que partenaire résolu de l’Union africaine, la Francophonie,
comme elle en a aussi porté témoignage en soulignant les valeurs communes
qu’elle partage avec le NEPAD, ne pouvait se permettre de rester indifférente.
Saluer avec tant d’enthousiasme l’événement impliquait de se rendre utile. Et c’est précisément dans le domaine stratégique de la mobilisation de la mémoire, qu’elle a décidé d’apporter son concours, comme en témoigne ce recueil de textes sur Le mouvement panafricaniste au XXe siècle.

Á ce titre, il n’est pas fortuit qu’il soit échu à la Délégation à la paix, à la démocratie et aux droits de l’Homme, au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie, la responsabilité d’élaborer cette anthologie : en effet, la mobilisation pour le panafricanisme s’est manifestée depuis les origines comme une quête de la liberté, de la citoyenneté et de l’égalité, en d’autres termes de la reconnaissance des droits de l’Homme.
Ainsi, le constat d’une carence d’ouvrages sur l’Histoire des droits de l’Homme établi par le professeur Karel Vasak, dans son Rapport général introductif à la réunion sur la Culture démocratique, tenue à Sofia (Bulgarie) en 2000, aura-t-il, au moins pour l’Afrique et sa diaspora, trouvé ici un début de réponse.

Ce dossier s’efforce de restituer les grands moments de ce mouvement, depuis la Conférence panafricaine de Londres en 1900 jusqu’à la constitution de l’Union africaine, en passant par les Congrès des écrivains et artistes noirs, les Festivals des Arts et de la Culture et tant d’autres rendez-vous de célébration, de revendication ou de réflexion sur l’unité du continent. Il va sans dire que ce document n’a aucune prétention à l’exhaustivité. Il attend au contraire d’être complété par chacun d’entre nous, pour en faire un instrument au service de tous les acteurs contemporains : les intellectuels, les décideurs politiques et tous les citoyennes et citoyens.

Abdou Diouf
Secrétaire général de la Francophonie




Comments